Live from OZ

Les voyages déforment la jeunesse

29 août 2006

australia_tripOn a parcouru la moitie du chemin!

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News, le 10 août 2006, from Cairns, 12H heure locale #1 by Ludo

Voyage voyage, Noir c’est noir

La longue et périlleuse route séparant les 2 côtes du continent ne nous aura guère freiné dans notre périple.

Tel un Panzer allemand mystifiant la ligne Maginot, Katsumi n’a pas rompu face aux quelques milliers de kilomètres parcourus en 10 jours pour relier Broome, la cité perlière à Cairns, the backpackers & crocodiles city.

Pourtant, rien n’était gagné d’avance et nombreux sont ceux qui ont échoué par le passé.

Les routes interminables bordées de terre rouge comme on en voit sur les couvertures de bons vieux bouquins de géographie ou de géologie font perdre la raison même au plus averti des conducteurs ; le soleil, dès l’apparition des premiers rayons matinaux, rend instantanément aveugle, y compris l’iris éclaircie du roi des lynx.

Tout cela sans compter sur les bushfires qui font passer les gigantesques feux de forêts provençaux ou ibériques pour des insignifiants barbecues de repas de quartier. Heureusement, l’outback est bien desservi et l’on peut trouver un camion citerne (à fonctionnement pompomatique bien sûr) au moins tous les 400 kms.

La civilisation laissait un peu à désirer du point de vue … civilisation. Il y a encore de l’espace habitable pour ceux qui cherchent un pavillon avec jardin. Ce ne sont pas les habitants des quelques 10 ou 12 « villes » que nous avons traversé en 4000 kilomètres qui me contrediront. La town typique (ou ville fantôme) est composée d’une station essence voire deux (qui font également bottleshop et restaurant et camping), d’un pub (tenu par le même patron depuis des lustres, que si il va se coucher et ben le bar il tombe !, et qui se ressert à chaque fois qu’un verre est commandé, politesse oblige) et de quelques demeures qui ne tiennent plus guère que par un grand mystère. Bien sûr, le maire (homme pour supporter une telle pression) est, par alternance, le propriétaire de la station essence ou du pub. Pas de problème de liste ni de trahison…

A notre grand étonnement, nous avons atteint une ville « urbaine », en l’occurrence Darwin (pointe Nord de la côte Ouest). Cachée au milieu de parcs nationaux immenses, de territoires aborigènes peu recommandables et de défense nationale infranchissable, la mégapole et capitale du Territoire du Nord, nous a surpris par sa vie nocturne agitée. Nous n’avons même pas réussi à tenir une soirée d’ailleurs, n’étant plus habitués aux sorties une fois les 12 coups de minuit sonnés.

C’est pourquoi, nous avons préféré remettre nos marcels et chapeaux d’aventuriers qui nous sieds si bien et nous rendre au Lietchfield national park pour nous ressourcer en compagnie de « kangourous antilopes ! » et prendre un bain de jouvence dans les piscines naturelles surplombées par des chutes vertigineuses (ouah je pourrais me faire embaucher par Pierre & Vacances comme écrivain pour leurs brochures !). Non Florence, nous ne t’oublierons jamais, tu étais si chaude et humide, dommage que ton débit me fasse encore mal à la tête.

Suite le 26/08/06 en direct du Shennanigans

Après m’être fait expulser de mon spot d’électricité (près de la plage, a proximité du poste de police) et quelques discussions avec la maréchaussée (« vous n’avez pas assez de sous pour vous payer une chambre et converser avec vos proches et bien … tant pis ! »), c’est en riche et depuis un endroit plus sûr (pub of course) que je vous retrouve pour continuer de narrer notre voyage vers l’autre côte.

Après avoir rapidement visité Darwin et le parc national, ce sont des milliers de kilomètres dans le bush que nous avons du défier non sans crainte. Après le WA (Western Australia) et le N.T de Darwin (Northern Territory ou plutôt Nigger territory si l’on prend en compte la population locale !), le Queensland (voire carte) nous ouvre ses portes. Baptisé the sunshine state pour ses plus de 300 jours ensoleillés annuels (ça en fait rêver certains), nous l’avons renommé the roadworks state pour ses centaines de kms de travaux engendrant quelques secousses que les « amortisseurs » (ressorts) de Katsumi ont eu du mal à contenir. L’économie du plus grand état du pays repose essentiellement sur le bétail et les mines. C’est dire si il y a de quoi s’amuser !   

A part ça,

®    Nous avons appris à nous battre grâce à un aborigène qui nous a enseigné les techniques venues tout droit du bush (« bouge, bouge et vise les reins ! »). Imparable surtout qu’il s’est fait démonté quelques minutes avant par un de ses « confrères ».

®    Aborigène encore ; Tom s’est laissé charmé par une boa au last chance saloon et lui a gentiment offert 2$. Rien ne va plus !

®    Aborigène toujours ; katsumi a survécu dans les endroits les plus redoutables,notamment Fitzroy crossing où elle a passé la luit sur le parking d’une station essence non loin d’une « villa » remplis d’aborigènes écoutant Queen ! Les pneus en tremblent encore

®    Un clodo avec une casquette Coca (non aborigène !) s’est foutu de notre gueule à notre descente de voiture après une nuit passée sur un parking. On ne nous prendra pas notre dignité !

En bref, le voyage s’est excellemment bien déroulé. La non présence d’un boulet allemand doit y être pour quelque chose !

Au tour de Cairns maintenant de nous surprendre…

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News, le 26 août 2006, from Cairns, 13H heure locale #2 by Ludo

Mais où sont les locaux? Et que ça brille !

Après vous avoir dépeint l’aventure, retour à la civilisation et toutes ses affres mais aussi ses joies.

Si je vous écris en solo pour ces nouveaux bulletins c’est parce que Tom, à la manière de Napoléon, s’est fait exiler quelques jours par semaine sur une île situé à 30 minutes de Cairns. En effet, il monnaie son talent, ses compétences, et son expérience du Wharf (restaurant à Broome pour les décalés) pour une agence d’intérim spécialisée dans l’ hospitality. En qualité d’aide cuisine ou plus exactement de lave-vaisselle, il voit défiler les assiettes et autres couverts des convives de mariages principalement. Tous des pourris chez Adecco !

Tel Merlin l’enchanteur sans sa recette magique, il est vite dépassé par les événements mais se rattrape facilement lors de moments d’extase lavomatique. Ses moments de pause sont marqués par … rien du tout, l’île étant entièrement dévoué aux clients (le proprio, un géant du tapis ne laisse pas de place à l’improvisation et on ne mélange pas les torchons, Tom & ses collègues, avec les draps de soie, les invités qui payent plus de 20000$ par nuit pour réserver l’endroit). Heureusement, pour ce tarif, une ou deux bouteilles manquantes dans le bar ne laissent pas trop de trace dans la comptabilité… Une promotion de serveur lui sera peut-être accordée prochainement. A noter que son employeur s’appelle Erwan, un bon breton de chez nous. La cuisine française s’exporte bien.

Quant à moi, je mets également à profit l’expérience du Wharf et monnaie, chèrement, mes nouvelles compétences de cuistot (25 ans d’expérience dans la cuisson du poisson). Swordfish (espadon), qui a ouvert ses portes il y a à peine un an, a accepté le défi de me prendre dans son équipe non sans risquer de perdre une bonne partie de sa clientèle selon mon humeur ! L’équipe est jeune, dynamique, quelques serveuses sont assez sympathiques à regarder et la carte pas trop étoffée ; Easy. Quel plaisir de balancer ses plaques sales au préposé à la vaisselle, Joseph, noir, et inefficace. Ca n’est plus ce que c’était les esclaves. [D’accord, je retire].

Le restaurant fait également marché (vente de crevettes, écrevisses, crabes…) et … Yoghurt bar. Oui, pas besoin de traduction, bar à yaourt. Le pire, c’est qu’il y a du monde au comptoir ! Le monde à l’envers, un bar sans bière. Oui, je l’avoue, et j’en suis encore tout retourné, il m’est arrivé de servir du yaourt tout en polissant les couverts. Ca fait mal, c’est rabaissant mais ce n’est pas trop fatigant.

Si nous travaillons actuellement, c’est parce que notre arrivée à Cairns a été marqué par la découverte des pubs qui nous accueillent pour le petit déj et nous renvoient qu’au petit matin. 5 jours ont suffi pour faire partir en liquide toutes nos économies. P.J O’Briens et ses serveuses (incompétentes mais blondes à la poitrine généreuse) en costume d’écolières encadrées par quelques managers nous a régulièrement attiré pour quelques heures ; Concept bien réfléchi et qui fait ses preuves.

Mis à part ses quelques endroits nocturnes, Cairns nous a séduite par son lagoon, piscine en plein air située au milieu de la ville et qui fait oublier le manque de sable sur la plage (l’eau est dégueulasse, pire que l’étang « sous-la-vase » de Les Baroches, et expliquant le nombre important de crocodiles (6-7 mètres de long, rien à craindre !) et de méduses (ben oui, l’eau est chaude).. L’espace est assez bien aménagé, avec quelques barbecues (gratuits) rassemblant des dizaines de backpackers dès le soleil couché.

Nous avons pu expérimenté et perdre quelques dollars dans les machines à sous qui se trouvent dans tous les bars de la ville. Comment ne pas perdre son argent avec une telle tentation ! Tant qu’il n’est pas gâché dans la nourriture tout va bien.

A lieux peu recommandables fréquentations peu recommandables. Lors de notre dernier jour de débauche (le porte monnaie se faisant léger), un « chef espagnol » nous a fait saliver en nous faisant miroiter un travail dans les prochaines heures. Il a présenté Tom (notre lave-vaisselle du 57), originaire de Boston !! à une serveuse, apparemment trop occupée un lundi après-midi sans client pour parler à son grand ami. Bien sûr, le petite amie, tchèque, du mec en question est modèle (on a vu la photo sur le portable) mais ce n’est malheureusement pas un bon coup au lit ; on ne peut pas tout avoir ! Ce fut un bon moment de rigolade. Cher pour le spectacle proposé mais même les meilleurs de la promotion DUT Tech de Co 2004 peuvent se faire avoir.

Je suis sûr qu’en lisant tous ses récits, vous vous demandez « mais où vivent t’ils ? » Même eux (nous) ne le savent pas. Tom, entre ses passages sur l’île (et son mode de vie à l’africaine dans une grande tente), passe ses (fin de) nuits au pub parce que l’on n’est jamais assez proche du bar. Personnellement, Katsumi m’accueille gentiment (et sans loyer) sur un parking proche du centre ville … et de la douche du fameux lagoon qui me voit arriver tous les matins pour ma toilette quotidienne. 

Les quelques nuitées au Rosie’s backpacker resteront dans nos mémoires d’alcooliques déchus. Quelle connerie avons-nous fait de dire que nous voulions une chambre animée. Nous nous sommes retrouvés dans une chambre de 8 lits habitée par une bonne dizaine d’anglaises (cherchez l’erreur) dont la moitié d’une cuisse de l’une d’entre elle suffirait à fournir tous les hypermarchés du bon vieux M.E. Leclerc pendant la quinzaine du jambonneau breton ! D’autant que les alarmes incessantes à 4 puis 5 puis 6 heures du matin ne dérangeaient apparemment pas grand monde.   

J’allais oublier de vous parler de Cairns. La ville, de taille moyenne, est bordée de collines ainsi que de l’océan pacifique lui conférant quelques attributs naturels de qualité. La mondialement connue grande barrière de corail est l’aimant à touristes de la cité. Malheureusement, la plage située au centre ville ressemble à la côte ouest française après un naufrage d’un pétrolier (ça fait longtemps que ça n’est pas arrivé d’ailleurs !!). Les crocodiles et les méduses y vivent en paix. La ville a tout de même eu l’ingénieuse idée récemment de construire le lagoon pour satisfaire les besoins des touristes à la recherche d’un oasis sous la chaleur étouffante ou des miss désirant parfaire leur bronzage (en s’exposant de 10 heures à 17 heures y’a des chances de ne plus être blanche). En attendant la quarantaine et la découverte d’un cancer de la peau (les UV sont extrêmes) irrémédiable. Enfin, on ne va pas casser leur délire. La température commence à grimper (environ 27°) et la saison touristique débute seulement (jusque décembre).

Au niveau population je m’aperçois que les touristes sont plus nombreux que les locaux ; mention spéciale aux asiatiques qui flashent à tous les coins de rue ; sans oublier les nombreux backpackers qui se sont tous donné rendez-vous, particulièrement les allemands (pas cher) et les français (dont les paroles insensées et l’accent prononcé font toujours sourire ; peut-être sont-ils belges ou suisses après tout ?!).

C’est pour l’une de ces dernières raisons (eh transition parfaite !) que Tom va prochainement faire ses valises prochainement pour la ville qualifiée « d’européenne », Melbourne dans le Victoria, au sud est. Départ prévu début septembre. Il tremble déjà en étudiant le thermomètre qui ne dépasse pas les 20°. C’est lui qui a voulu !

A part ça :

®    Chiffre du jour : 1,08 comme la somme restant sur mon compte en banque pendant 10 jours avant ma paye. Grand merci à Tom et Elise, mes compréhensibles créanciers ;

®    Dèche bis : est-il honteux de ramasser une pizza (encore emballée) dans une poubelle pour faire plaisir à son estomac criant ? En plus elle n’était pas bonne (poulet, pff) ;

®    Dur dur d’être une maman et de faire plusieurs lessives en une journée. Heureusement, les moines y ont pensé et inventé un doux breuvage à base de houblon pour donner des forces ;   

®    Est-on considéré comme un terroriste pour Sarko si l’on se rend à la douche (publique) avec une bouteille de gaz et un réchaud ?! Faut bien trouver un moyen pour chauffer l’eau pour se raser ;

®    Douche encore : en plus de faire des économies en ne payant pas l’eau, il est possible de faire des bonnes affaires en récoltant un bermuda sur la porte certainement oublié par un backpacker quelques minutes auparavant. Pas de pitié avec ses confrères ;

®    Douche toujours : Pourquoi le fait de prendre une douche dans les sanitaires féminins choque t’il le personnel de nettoyage ? En plus, elle était froide ;

®    Un crocodile est passé entre ma mâââchoire récemment. Verdict : c’est de la dinde. C’est du vol !

®    Pour finir, la pensée du jour : « We don’t inherit the Earth from our ancestors, we borrow it from our children » dixit Peter Lik, photographe et auteur de clichés paysagers d’exception. Pas vrai ? Peut-être que les paysans m’en voudront mais tant pis (on a quand même besoin de nos vieux !).

Voilà, ça doit être tout. En espérant que vous preniez autant de plaisir à lire ces bulletins que j’en ai eu à les écrire.

Bonne fin d’été (il fait froid et moi je m’en fous !!)

Ludo & Tom (par pensée)

Posté par Always On ZeRoad à 03:19 - news - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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