Live from OZ

Les voyages déforment la jeunesse

17 juin 2006

Billet d’humeur

Misérableus

Ce mauvais jeu de mots, digne des plus grandes Unes de notre glorieux quotidien sportif national dont nous tairont ici le nom pour ne pas en faire la publicité, caractérise parfaitement la situation et le jeu actuels de nos sportifs aux grosses cuisses et aux têtes résonnant aussi fort qu’un tir de Cissé sur le poteau (Prompt rétablissement, tu étais un des seuls à contredire l’esprit que je dépeins ci-dessous).

Point de mouvement sur toutes les lignes, aucune percussion en attaque, une défense à la rue dès la moindre incursion des adversaires du jour, « sélectionneur » qui fait son marché uniquement en Angleterre et en France, mutisme assourdissant  de la part de tous les intéressés. Voici où nous en sommes aujourd’hui, samedi 17 juin 2006, à la veille d’un match « capital » contre la Corée du Sud.

En espérant que nos amis nippons, sous l’impulsion d’un Ahn Jung Wan en pleine forme après avoir passé quelques paisibles mois d’entraînement chez le bon vieux et très accueillant Charles, ne prennent pas exemple sur leurs voisins du Nord en nous infligeant la peine capitale d’une deuxième élimination de rang dès le premier tour (renember 2002 en … Corée du Sud).  

Peut-être conserverons nous toutes nos chances de qualifications grâce à un but de raccroc à la 70e minute de la part de notre canonnier au nom royal en manque d’inspiration qui est censé pouvoir dynamiter toutes les défenses du monde entier ; et transformerons l’essai au cours d’un match de haute intensité contre le Togo qui mériterait bien mieux que finir derrière une équipe en telle décomposition.

« Laissez nous travailler » qu’ils disent, ou encore « si tout le peuple français était derrière nous ça marcherait certainement mieux ». Et bien non, on ne peut pas laisser passer des propos (récurrents depuis quelques années) aussi impertinents que ceux là. Jamais la populace n’a été supportrice de l’équipe au cœur de coq (en pâte molle). Les plus grands moments de « soutien » ont été dans les plus grandes victoires (années Platini et 98) avec tout cet afflux de « footix » qui fait le bonheur de TF1 (ça fait causer JP Pernaut au 13H),  d’Adidas et tant d’autres « partenaires » qui ont exactement le même comportement versatile.

Pourquoi le français moyen n’est pas épris d’amour pour son équipe favorite ? Telle est la question que devrait se poser les têtes pensantes de ce sport populaire qui rassemble tout de même plus de 2 millions de licenciés et tant de « sympathisants » (vive le challenge Christian Zavatierro de la Saint-Jean !).

Parce que tout simplement, peu importe le résultat ; c’est la motivation, la volonté des joueurs d’aller de l’avant, la cohésion même dans les plus grandes défaites qui fait que l’on s’identifie à ces icônes modernes et donc à l’équipe.

Plus grandes défaites justement. A quand remonte notre plus grande défaite, un de ces matchs dont tout le monde se souvient des mois après parce que l’équipe a montré de l’envie, a fait le travail mais a du s’avoué vaincu ? Il faut ressortir les bonnes vieilles cassettes et magnétoscopes pour trouver la réponse.

On ne va pas leur demander de perdre (il savent tellement bien s’y prendre) mais montrez nous au moins que vous avez envie et prenez du plaisir à jouer.

Si comme moi vous aimez votre pays, le football et l’équipe de France, vous devez certainement être lassés par le spectacle auquel nous assistons depuis trop longtemps (matchs nuls à répétitions, je m’en foutisme évident de certains joueurs qui contaminent petit à petit leurs camarades, excuses bidons…).

Prenez du recul et observez avec attention les matchs d’autres équipes et vous verrez que le football peut amener des émotions intenses plutôt que blaser nos esprits.

L’objet de mon choix, vous l’aurez deviné, concerne l’Australie et son équipe en progression fulgurante sous les ordres d’un (vrai) entraîneur au cursus exceptionnel (pas un arrogant personnage, au choix plus que contestables, à l’esprit très fermé et qui est intelligent à un tel point qu’il a choisi d’appeler sa fille Victoire. Pff). Equipe soudée qui fait bloc tout en ayant un jeu plaisant (si je vous l’assure, c’est possible de voir plusieurs passes d’affilée entre les joueurs avec les maillots de la même couleur !) et peut trouver les ressources nécessaires pour renverser des situations délicates (c.f. match contre le Japon ; après avoir été menés et malmenés, les socceroos l’ont finalement emporté presque facilement 3-1).

Je comprends que certains vont me taxer de « retourneur de veste », crier déshonneur à la France mais ce serait trop stupide, le football n’est heureusement qu’un jeu et quoi qu’il en soit c’est par le jeu qu’une équipe peut s’en sortir. Donc nous ne sommes pas près de nous en sortir.

Malgré tout le mal que je viens de dire, bonne chance aux Bleus (la recette [qui n’est miracle du tout] peut être trouvée et appliquée en quelques heures) et vive le jeu.

Un petit pronostic pour se mouiller un peu.

     Je « crains » qu’un pays sud-américain ne soulève le trophée une fois de plus. Sinon je vois bien les Pays-Bas bien placés voire vainqueurs et Ruud Van Nistelrooy meilleur buteur.

Je viens de penser à un autre point très nul sur l’équipe de France qui je l’avoue n’est pas à mettre au crédit des joueurs ; Liberté, égalité, Jules Rimet c’est ringard et prétentieux ; nous ne sommes plus en 1930 et la coupe c’est sur le terrain qu’il faut la gagner. Preuve que le malaise est profond et qu’il le restera probablement trop longtemps.

     Ludo Sixteen           inspiré dans ses jeunes années d’apprentissage par la plume du trop méconnu mais ô combien important (les fidèles lecteurs de la rubrique sport du Répu le reconnaîtront)  Sylvain Vuillaume (désolé si j’écorche ton nom).

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12 juin 2006

News, le 11 juin, from windy but sunny Broome, 15H heure locale by Ludo & Tom©

Come on Socceroos, vive les grenouilles et les nuits blanches.

Après quelques semaines de disette newsistique, c’est grâce à un day off inopiné mais néanmoins impromptu, suite à une pénurie de gaz au restaurant, que nous avons l’occasion de rectifier le tir (dixit Carlo M.).

Comme vous l’aurez compris, nous faisons toujours partie du Wharf team. Bien plus que simple membre du staff, nous sommes rentrés dans le très prisé mais fermé cercle de confiance. La charte à laquelle nous adhérons et respectons scrupuleusement les commandements ne nous permet pas de vous en dévoiler les secrets.

Tout en restant vaste, nous pouvons vous dire que ce cercle présente quelques avantages, en nature, essentiellement (sorties fishing avec le gourou, clubbing jusqu’à pas d’heure avec le gourou et sa douce créature [il a 40 ans elle en a 22…] et bien d’autres choses encore, comme le petit déjeuner au « champagne ») mais non pécuniaires, malheureusement. Les rouages de cette « famille » sont bien huilés puisque nous dépensons une large partie de notre paye avec nos confrères ce qui nous amène à rester plus longtemps pour notre employeur qui nous paye à un salaire que même les esclaves du temps de la traite des Noirs ne nous envieraient pas ! De cercle à secte, il n’y a qu’un pas. Nous restons sur nos gardes. La dernière tentative d’enrôlement a eu lieu il y a quelques jours autour d’une bouteille de « champagne » à 9H (du matin bien sûr). Après avoir captivé nos esprits grâce aux bulles miraculeuses (mais contrefaites) de ce liquide que nous nommerons mousseux, Mr Craig Malcolm Douglas nous a proposé de racheter Katsumi et de nous payer des billets d’avion pour que l’on reste jusque fin juillet. Il ne doit pas connaître les sentiments qui nous lient au véhicule suce-nommé. Une proposition incluant quelques heures avec Jazz (la douce créature) nous aurait certainement fait plus réfléchir !

Depuis notre dernier entretien, l’équipe a quelques peu changé puisque Judd, la collègue tant regrettée par Tom (glandeuse, donnant son grain de sel sur tout…) s’en est allée, laissant la place à Karen. Allemande d’origine et de nationalité, son manque de rigueur fait honte à l’esprit teuton ; aussi, nous ne lui donnons que quelques semaines, voire jour parmi nous. D’autant plus que Céline vient renforcer la concurrence at the front. Céline (dont le copain est … allemand, décidément) nous vient directement de l’ouest de la Gaule. Poétique mais peu fute-fute selon les dires de Tom si l’on étudie sa manière de prendre les commandes qui relève plus de la littérature que de la prise de note. De quoi déstabiliser toute une cuisine.

Concernant le management, Scotty, ouvertement hétérosexuel mais appréciant Céline Dion, jubilant devant ses sauces et autre pudding agrémenté de praline (prononcez « pwollinnn ») et se promenant en sabots, est le nouveau mentor de la cuisine. Nous nous tenons à l’écart des zones étroites surtout que notre chef flamboyant prend quelques centimètres carrés à chaque mouvement de bras ; c’est dire l’espace qui lui est nécessaire quand il se met à chercher ses oignons ou paquets d’épice pour préparer ses functions. Les réceptions sont en effet une des nouveautés mises en place, après concertation avec le service marketing (composé de Mr Craig Malcolm Douglas et de sa bouteille de vin qui n’a pas le temps de refroidir).

Nous avons presque oublié Nathan dont l’esprit diverge totalement avec les éditions célèbres pour leurs manuels scolaires, à moins qu’il ne fasse la promotion de la dernière série des cahiers de vacances. Ce père de famille aime se démarquer, sortir des sentiers battus et cuisiner à sa façon. Arrivé plein d’assurance il y a 2 semaines en provenance de Margaret River (ah les bons souvenirs du grape picking), c’est avec plaisir et délectation qu’il nous a annoncé son départ pour retourner à … Margaret River. Il n’a pas réussi à se mettre en osmose avec l’esprit Wharf. Son manque de motivation au travail, sa réticence à apprendre les techniques de cuisson de la maison (ses poissons grillés sont brûlés et moins tendres qu’une bonne entrecôte qui nous manque tant) auront eu raison de sa place tant enviée de co-headchef. Encore un qui n’est pas rentré dans le moule.

Nous concernant, Ludo est confirmé en tant que pilier at the back ; comprenez sous-fifre dévoué à la préparation des salades, au peeling des crevettes, à la découpe du persil (ça fait très mal aux bras), au nettoyage du calamar et à la préparation des containers (c’est lui le préposé au service du riz, grosse responsabilité !). Il lui est même arrivé de rester, avec succès malgré quelques mistakes, durant tout un service à la hot section (responsable de la cuisson des poissons, crevettes, frites…). Sans aucun doute le poste le plus important de la cuisine. Belle expérience qui malheureusement n’a pas été reconduite du fait de l’arrivée des nouveaux chefs.

Quant à Tom, il est pris entre deux feux, d’abord reconverti at the front comme serveuse et laveur de verre, il est depuis quelques jours repoussé vers l’arrière où il est jugé inefficace ! C’est la faute à Karen, encore une allemande qui croise notre route et veut nous gâcher notre voyage. Attention les casques à pointe sont de retour ! 

Notre grand patron, le fameux Craig Malcolm Douglas se porte toujours aussi bien, il est en préretraite à 40 ans (fait essentiellement les petits-déjeuners puis passe ses après midis à boire sur la terrasse ou au pub). Il s’est bien rempli les poches lors du lundi de Pentecôte également public holiday (férié) en Australie [ici les vieux ne reçoivent pas de sous, pas besoin de savoir si il faut travailler ou non pendant un jour férié]. En effet, il a apposé avec fierté un petit panonceau sur le comptoir annonçant 15% de surcharge sur la note. Il est vrai que la main d’œuvre coûte cher (moins de 10$ soit peut-être 6par heure pour nous) sachant que tous les tips (pourboires) vont dans sa poche ! Il faut reconnaître qu’il conduit son business de façon phénoménale, engrangeant les dollars à tour de bras. Une de ses citations explique que si un client attend longtemps (mais pas trop quand même) ses plats, il boit plus de vin, donc donne plus d’argent au restaurant, donc à Craig qui peut lui-même boire plus de vin. CQFD.  

 

Trois pages et 6547 caractères espaces inclus (Dr stat ©) plus tard, nous quittons enfin le boulot (preuve qu’il occupe toutes nos journées) pour nous rendre à la maison.

Et oui, nous avons enfin un domicile ou plutôt une résidence à Broome. Ce n’est pas la villa avec vue sur l’océan, dont rêvent tous les touristes qui affluent en masse, qui nous offre logis mais une modeste demeure, située au milieu de nul part. Montée sur pilotis (en espérant que ça tienne le coup encore quelques semaines), notre habitation compte entre 6 et 10 locataires suivant les jours (de temps en tant quelques squatteurs sur les canapés) et surtout de nombreuses grenouilles et insectes (plus embêtants) la nuit tombée. Le confort est assez spartiate, il n’y a pas de fenêtres, ni d’eau chaude pour la lessive mais pour 75$ par semaine on ne peut trouver mieux.

Ne cherchez pas à nous joindre, il n’y a pas vraiment d’adresse donc certainement pas de boîte aux lettres. Inutile de préciser que le réseau téléphonique nous ignore complètement. Ne manquez pas les photos de l’agence immobilière sur l’album photos.

Le propriétaire, Mick, vit de nos loyers, de la location de parasols et bateau gonflable sur la plage ainsi que de son entreprise, MODERN window cleaning (nettoyage de fenêtres) qui n’a de moderne que le nom (c.f. photo de la voiture de société). Il ne vaut mieux pas l’embêter, il est assez baraqué, a le crâne rasé et nous a menacé de nous virer de la maison si l’on revenait le matin en faisant du bruit.

Ca n’est pas notre faute si notre appartenance au Wharf circle inclus quelques sorties hebdomadaires et qu’il faut bien prendre une douche avant de retourner travailler pour le petit-déjeuner. D’autant plus que Ludo s’est déjà fait un prénom (enfin plusieurs si l’on compte les nombreuses personnes qui l’appelle Udo ou Noodles ! ou encore Sixteen  a vous de trouver l’origine de ce surnom ; indice : une bière est à gagner…) au sein du milieu nocturne puisqu’il rentre gratuitement au Nippon Inn, le meilleur (et unique) night-club de la ville. Il a en effet sauvé le manager et 2 serveuses en manque de batteries pour leur véhicule.  Il est bon de rester dormir sur place dans un van !   

Notre foie et surtout notre porte-monnaie dictant notre conduite, le temps des nuits blanches et autre soirée privée dans une maison avec piscine et bar est résolu. Il nous faut maintenant économiser de l’argent, sous peine de finir nos jours ici et d’entrer définitivement dans la secte du Wharf.

Pour finir, quelques brèves vous sont communiquées par l’Agence Transe Presse :

v     Honte à la France nous avons failli faire en perdant 2 fois de suite contre des (respectables) aborigènes … qui se sont fait ordonner de sortir des lieux sur le champ puisqu’ils se battaient entre eux. Pas de chance.

v     Bonne chance aux Socceroos pour la Coupe du Monde. Après l’invasion des germains en Australie (Robert, Karen et bien d’autres), c’est aux kangourous de montrer qu’ils sont habitués à résister à des chaleurs meurtrières…

v     Envies meurtrières : nous avons failli ouvrir notre compteur d’écrasement d’aborigènes, errant sur la route, se demandant quel pied lever en premier ! Heureusement, Katsumi a les plaquettes bien affûtées.

v     … mais plus de frein à main dont le ressort a sauté. Pas grave, il reste toujours les vitesses pour l’empêcher de mettre les voiles sans crier gare.

v     Gare à toi Sébastien Loeb, Ludo arrive en force avec la Holden (Opel) Commodore, moteur 6 cylindres en V, boîte automatique de son chef qui lui laisse le volant lorsqu’il n’est plus en état de rouler.

v     Se rouler par terre, tel est le nouvel hobby de Tom sur les dancefloor locaux. Attention, ça brûle le dos.

Nous vous laissons en contemplant de façon amère la défaite de notre équipe de cœur, les West Coast Eagles pour un match de footy.

     A bientôt, en espérant que vos températures se rapprocheront des nôtres rapidement.

Ludo & Tom

P.S. : Comme à l’accoutumée, toutes ses nouvelles sont purement réelles tout en étant narrées sur un ton décalé. A vous de faire le tri sur les informations à lire au troisième degré.

P.S.2 : N’oubliez pas de faire marcher votre matière grise en devinant d’où provient le surnom de Ludo, Sixteen.

Posté par Always On ZeRoad à 03:25 - news - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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