Live from OZ

Les voyages déforment la jeunesse

16 mai 2006

carte_blog      Voici le trqce quelque peu grossier de notre voyage (du bas vers le haut pour ceux qui ont du mal a suivre)

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News, le 12 mai, from Broome, “la ville balai” (North of Western Australia) 15H heure locale by Ludo©

Objectif atteint, boulet largué & Bernard Loiseau soit fier de nous…

Après presque un mois de relâche, la rédaction se remet (péniblement) au travail. La moitié des effectifs ne peut participer à cet événement pour cause d’emploi du temps overbooked .

En tant que défenseur de la liberté d’expression, notre pigiste rural laissera le soin au suédois du 57 de rectifier quelques propos si bon lui semble.

Ne vous inquiétez pas, le bol de chips et la glacière sont bien remplis.

Nous pouvons le clamer haut et fort, nous avons enfin réussi à atteindre notre destination ensoleillée, Broome. Cela fait des mois que nous en rêvions, nous avons coupé des centaines de grappes de raisin (et quelques doigts) pour y parvenir. Le lectorat averti et  avide de connaissance que vous êtes doit se demander quels sont les attraits de cette ville que nous apprécions tant. La réponse est simple, il fait chaud, la plage est proche, la saison touristique et son arrivage massif de females  débute… Que de contrastes par rapport à Margaret River et son climat froid et son atmosphère dépressive.

Nous vous avions laissé en route le lundi de Pâques, à Geraldton, ville dont je ne rappelle plus que le nom.  Par contre je me souviens que nous étions « accompagnés » d’un mec qui commençait à devenir lourd et qui ne s’est pas arrangé par la suite.

En bref, durant notre périple nous avons pu nous émerveiller devant un lac rose, des falaises de pierre rouge à perte de vue ; Tom a nourri des dauphins ,un lézard nous est passé devant les yeux, nous avons nagé avec un requin baleine et des poissons multicolores…

Je m’arrête un instant sur ce moment précis et délectable. Nous étions à Exmouth (ville située sur la côte ouest, très prisée par les touristes du monde entier pour faire de la plongée sous marine et admirer des requins quand la saison y est propice [quelle belle phrase, je bois à ma santé pour fêter ça !]). Nous avions le choix entre faire de la plongée (comptez au moins 200$ pour quelques heures) ou du snorkelling (nager avec un tuba et un masque. Robert, qui bien sûr avait les poches bien pleines (forcément jouer au sudoku et faire des randonnées ne coûte pas bien cher) prenait un peu, beaucoup à mon goût,  de temps à prendre une décision. Je l’ai donc légèrement (et poliment) amené à se dépêcher et notre cher ami a failli se mettre à pleurer. Il a finalement opté pour une plongée (300$ à sortir du portefeuille, il a du se sentir gêné le pauvre). Tom et moi avions 2 jours de tranquillité assurée (nous n’avions pas d’autre choix que le tuba puisque pas d’argent). Nous avons donc pu nagé (aux mères de famille, vous vous rappelez la température de l’eau pour les bains de bébé, et bien c’était pareil !) dans de magnifiques baies, dans de l’eau transparente et nous avons vu un requin baleine (gros lourdaud qui n’est pas féroce mais suscite l’admiration de tout le monde). Robert, qui a payé bien cher, a nagé à 10 mètres de profondeur n’en a même pas aperçu. Il était dégoûté lorsque que nous lui avons narré notre WE. Sans compter, of course, que Tom a partagé quelques instants avec une tortue et que j’ai vu passer devant mon nez un requin apparemment avide de viande (mais j’ai pas eu peur).

Après tant d’émotions, nous étions censés (parce que fauchés) faire une halte à Carnarvon (toujours sur la côte ouest en se dirigeant vers le Nord) afin de s’adonner au banana picking. C’est donc habillés en Tom Sawyer, short court, marcel et chapeau que nous nous sommes rendus dans les plantations. Apparemment nous sommes arrivés trop tôt, la saison commençant quelques semaines plus tard. Nous avons même tenté les usines de transformation de poissons, c’est dire si nous étions motivés !

Le temps de faire le tour des pubs de la ville (toujours pour découvrir l’Australie à travers les gens et pas seulement les paysages ; n’est-ce pas Robert !) et de rencontrer 2 hommes entrain de jouer de la cornemuse et du tambour en pleine nuit et nous revoilà en route.

Nous avons franchi le 26° parallèle et le tropique du Capricorne sans trop de difficultés (nous pensons à toi Gilbert Montagné, le sunlight des tropiques tape fort !), même si Rob a failli tomber dans le coma lorsque j’ai continué à conduire alors qu’il faisait noir ! L’allemand préfère s’éclairer au gaz que rester seul la nuit [d’accord je sors].

Notre étape suivante était Port Hedland où nous devions rencontrer un ami que nous avons connu à Perth. Comme son nom l’indique Port Hedland est … un port (employant environ 20000 personnes) et pas grand-chose. Nous n’avions ni adresse ni indice pour retrouver l’homme tant espéré, si ce n’est son prénom (Brendon) et un numéro de téléphone partagé (donc injoignable). Après 2 jours de quête infructueuse nous avons appris qu’il était parti le jour de notre arrivée pour Sydney pour cause d’événement malheureux concernant un membre de sa famille.

Le soir même nous avons donc choisi de noyer notre peine (et la sienne) à la tavern locale. Même Robert a quitté ses bouquins pour nous accompagner. Il a tout de même attendu deux heures avant de commander une bière (peu avant, ce futur médecin aux idées quelques peu carrées (à 19 ans on sait tout et on a forcément raison) nous a assimilé à des alcooliques parce que buvant au moins une bière quotidiennement [j’ai « arrêté » pendant 3 jours et ne suis pas tombé dans les pommes donc je me porte encore bien] et nous a gratifié d’une superbe expression : « alcohol is evil » ce dernier mot signifiant méchant ou encore diable…).

Enfin, il ne nous restait qu’un jour de voyage avant notre destination finale.

Départ matinal pour nos derniers 600 kms. Nous sommes arrivés en fin d’après-midi et la séparation fût douloureuse. Nous nous sommes arrêtés à un distributeur de billet pour régler nos comptes et avons demandé à Rob à quel endroit voulait-il qu’on le lâche. Il nous a fait son regard de chien malheureux et a compris que nous voulions nous débarrasser de lui. De nombreux détours et quelques énervements plus tard, nous l’avons déposé au bord de la route sans même qu’ils nous disent au revoir. Nous l’avons croisé (il a même frôlé Tom) au supermarché, sans une salutation ni un regard, comme nous l‘avions rencontré 3 semaines auparavant. La boucle est bouclée … et notre siège du milieu est disponible !

Ces 17 jours et  tout de même 4701 kms de voyage à partir de la froideur et la monotonie de Margaret River nous ont fait découvrir (et aimer) les charmes de la côte ouest de l’Australie ; les paysages sont magnifiques, les populations locales accueillantes, nous avons mangé du singe, nagé dans l’océan transparent et déjeuné sur des plages désertes… Ah si robert n’avait pas été là !

Broome est une ville portuaire de 14000 habitants située au Nord Ouest du WA (Western Australia). Cette cité connaît deux saisons par an : la saison mouillée (wet) d’octobre à avril, période pendant laquelle cyclones et tempêtes ravageurs se succèdent. Mieux vaut ne pas y traîner. Puis, au grand bonheur des locaux et des touristes, arrive la saison sèche (dry). Aussi sec que les maillots des joueurs du FC M*** à la fin des matchs !

L’économie locale est drainée par deux activités prépondérantes que sont l’industrie perlière et le tourisme. A noter également que nous croisons beaucoup d’individus essayant de marcher sur le bord de la route et se rendant au stade pour s’asseoir en petits groupes toute la journée. Vous aurez compris que je parle des aborigènes. Je viens de décrire leur activité principale. J’oublié aussi qu’ils crient tout le temps !

Nous sommes donc arrivés à Broome le 27 avril avec quelques 50$ en poche (pour nous 2 !). Notre mission était, vous l’aurez deviné, de trouver un travail rapidement.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Armés de Katsumi et de notre bravoure légendaire d’aventuriers guerriers nous nos sommes rendus chez les géants du fast-food dont nous tairont le nom ; nous avons enchaîné sur quelques restaurants sur la plage, en vain. Naturellement nous nous sommes dirigés en direction du port pour mettre notre flair au profit de la perle (le dénichage de perles rares, on s’y connaît à l’AS**).

C’est au fin fond du port que s’est présenté un restaurant, le Wharf. Nous y sommes entrés sans trop de prétention ; le chef nous a « reçu » en personne et demandé de revenir quelques heures plus tard pour le service du soir.

2 jours plus tard, Tom se joint à l’équipe rédactionnelle

L’essai fut, on peut maintenant le dire, concluant puisque nous nous adonnons toujours corps et âmes aux joies de la restauration ! Et, métier gratifiant mais bien exigeant que celui de kitchenhand , comprenez homme à tout faire de la cuisine, du service à la vaisselle en passant bien sur par la préparation de mets succulents, nos journées sont donc bien remplies.

La bonne nouvelle est que, non content de garnir quelque peu notre bourse jusque là désespérément vide, ce travail offre aussi des avantages en nature non négligeables ; le couvert fait bien sur partie de notre rémunération, ainsi que parfois ; quand le temps est propice et que l’activité du restaurant ralentit quelque peu, des rafraîchissements légèrement alcoolisés. Bien que travaillant très dur, une douzaine d’heures en moyenne, nous nous estimons donc heureux de notre sort, apprenant aux passages quelques new skills tel le dépeçage de calamar ou encore la préparation d’huîtres Kilpatrick ou Kilkenny dans notre jargon ; nous vous voyons venir, et la réponse est oui, nous vous concocterons de petits plats succulents a notre retour !

Bref, après cette courte description de notre tache, laissez nous vous présenter nous nouveaux collègues ; hiérarchie oblige commençons par le patron, le propriétaire, the owner, the headchef : Craig Malcom Douglas, excusez du peu. Craig est un Australien d’une quarantaine d’année et d’une taille impressionnante, non content de tutoyer des sommets dans la restauration, il flirte aussi avec les 2m. Craig est donc un patron exigeant, dur mais parfois juste ! Son activité favorite est de travailler les relations publiques, en gros, il s’assoit avec les clients et ouvre une bonne bouteille ! On ne peut pas le blâmer, c’est du marketing après tout !

Nous avons ensuite Danny, le chef, Danny a 20 ans, est toujours prêt à rendre service (il nous a hébergé, (ouvert la porte de sa maison et de son frigo) et ne recule jamais lorsqu’il s’agit daller boire un coup après le travail, la gestion du personnel, ça prend du temps !

Nous passerons plus rapidement sur les serveuses tant leur rôle est à négliger, en effet, s’autorisant de nombreuses pauses cigarette et sirotant beaucoup de vin blanc, elles aiment délaisser leur taches au profit de Tom ou de Ludo. C’est tellement plus marrant de discuter entre copines que de faire la vaisselle !

Nus avons donc ici : Jaz, (le fait qu’elle couche avec le patron n’a bien sur rien à voir avec son embauche). Jude, superficielle à souhait, blonde vous l’aurez deviné. Enfin Aiko, et oui ; elle est Japonaise, que dire de plus, c ‘est une machine, jamais de pause, le travail avant tout ! Pour terminer sur une note d’optimisme, il y a quand même Rachel, qui fait se travail de façon convenable et qui se permet même de nous adresser de gentilles paroles et des sourires de temps à autres ! Voila, vous avez donc fait la connaissance du staff du Wharf ! Espérons que les 2 futurs managers qui doivent arriver prochainement (Craig veut délaisser la cuisine pour fonder une cellule marketing ! Quel branleur) seront convaincus par notre bonne volonté. Il est vrai que l’on ne comprends pas toujours ce qu’on nous dis, qu’on fait quelques gaffes par jour et qu’on est assez lent mais nous sommes français tout de même !

Après tant de tracasses financiers et Robertistiques durant notre voyage, nous pouvons enfin dire que nous mangeons à notre faim et buvons à notre soif.

Nous aimons passer quelques heures à la tavern après le travail pour quelques jogs (cruches) et snookers. Le quartier central de la nightlife de Broome est Chinatown. Décidément, ils nous suivent partout !

Comme dans toutes les cités que nous traversons, nous avons fait connaissance avec les forces de l’ordre locales. C’est Anika, l’unique ranger (chemise brune en se baladant en 4x4 et ayant autant de pouvoir que les policiers) de la ville qui nous a réveillé à l’aube lors de notre première nuit au bord de la plage. Apparemment il y avait un panneau no camping (comme partout en Australie) et l’amende s’élève à 150$ par personne. Après quelques paroles échangées, nous nous en sortons avec un warning. 

On ne peut terminer ce « court » résumé de nos dernières semaines sans parler de Katsumi, qui a été l’objet de quelques mésaventures dont une qui a failli nous faire passer du côté des bakcpackers devant stopper leur voyage sur un échec parce que complètement fauchés.

Nous nous sommes d’abord ensablés en tentant de se frayer un chemin hors des sentiers battus. Tel Johnny sur le Dakar nous nous en sommes sortis grâce à quelques morceaux de plastique et un peu de chance peut-être. Ce n’est pas comme si nous étions dans un parc national, sans téléphone et surtout sans trafic à l’approche de la tombée de la nuit !

La deuxième mésaventure est survenue quelques jours après notre arrivée dans la cité perlière. Nous revenions du centre-ville où nous avions fait un peu de shopping, roulions tranquillement, vitres ouvertes et autoradio en marche. Nous arrivions à l’approche de notre camping, juste en face de la taverne et là, c’est le drame ! Un bruit retentissant surgît du moteur (juste en dessous de nos sièges) et l’aiguille de température se mit à monter subitement, tel un débordement fracassant de Franck Signorino lors de ses belles années au FC Metz. Juste le temps de s’arrêter sur le côté et nous constatons que le radiateur doit avoir un problème. 25 ans d’études de mécanique pour arriver à ce verdict ! Katsu s’est fait remorquer au garage, un ami nous a give a lift jusqu’à notre resto et nous avons attendu, impatiemment, la petite note pour cette remise à neuf. Le remplacement complet du radiateur et autres pièces (qui sont certainement inutiles) nous fait encore froid dans le dos : 644$ et 46 cents. Nous avons pu payer grâce à notre premier salaire (avec 2 chèques du restaurant et un rajout avec la carte visa de Tom).

Espérons que notre compagnon de route ne nous fasse plus faux bond.

Salutations à tous.

Merci d’être restés jusqu’à la fin !

Fin du récit, 16 mai 11H48

Tom & Ludo©

Posté par Always On ZeRoad à 12:05 - news - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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